Les risques du THS confirmés
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Des maladies induites
"Chez les femmes ne présentant pas de bouffées de chaleur, sueurs et /ou sécheresse des muqueuses (syndrome climatérique), l’administration d’un THS n’est pas recommandée en raison d’un rapport bénéfice/risque défavorable…" Telle était la conclusion d’un communiqué de presse de l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) publié en décembre 2003, plus d’un an après la parution des résultats de l’étude WHI (Women’s Heath Initiative) en juillet 2002.
Depuis, d’autres études comme la Million Womens Study (MWS, août 2003) ou plus récemment la E3N (étude française de cohorte de la Mutuelle générale de l’éducation nationale) sont venues confirmer ces résultats. Augmentation du risque de cancer du sein avec la durée du traitement, majoration du risque d’infarctus les premières années et d’accidents vasculaires cérébraux après quelques années de traitement.
Enfin, dans son dernier rapport d’octobre 2005, l’AFSSAPS estime que "le nombre de cancers du sein attribuables au THS diagnostiqués avant soixante-cinq ans en 2000 varie selon les scénarii entre trois cent cinquante et huit cents cas". La baisse de prescription du THS en 2003 et 2004 (- 45 %), suite aux recommandations officielles, aurait permis d’éviter 40 à 50 % des évènements pathologiques (cancers du sein, accidents cardio-vasculaires, etc.) attribuables au THS, soit plusieurs centaines de maladies induites ou favorisées par le THS.
Extrême prudence
Bref, l’heure n’est plus à l’hypothèse de risques sérieux mais à l’extrême prudence dans l’indication de prescription du THS. "Je réserverai ce traitement aux femmes dont les symptômes climatérique de la ménopause sont particulièrement invalidants, sans facteurs de risque carcinogène et cardiovasculaire, à la dose la plus faible possible et pour une période la plus courte possible", reconnaît le Dr Anne Castot, responsable du département des vigilances à l’AFSSAPS.
Elle précise en outre que l’ostéoporose n’est plus une indication du THS car la prévention du risque d’ostéoporose nécessite au moins cinq ans de traitement, durée à partir de laquelle les risques liés au THS deviennent particulièrement importants. Enfin, la prise d’un THS pourrait précipiter la survenue d’une maladie d’Alzheimer de quelques années mais les études réalisées à ce sujet sont controversées.
Il reste un élément nouveau apporté par l’étude française E3N : le risque de cancer du sein serait moindre si le progestatif utilisé dans ce traitement substitutif était de la progestérone micronisée naturelle (Utrogestan, Estima, etc.). "Mais la réflexion est en cours à l’AFSSAPS pour prendre position sur cette information révélée par l’étude E3N", poursuit le Dr Castot. "Il faut attendre le résultat d’autres études sur le THS au niveau européen avant de donner une autorisation officielle", conclut-elle.
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